Stop aux mégots !

Depuis plusieurs années déjà, la ville de Paris a mis en place une amende dans le cas où vous jetteriez un mégot dans l’espace public. Cette sanction a été développée dans le cadre de la campagne « Paris met les pollueurs à l’amende », qui rappelle que « salir, c’est polluer ; et polluer est une infraction ». La capitale mettra en place en 15 000 et 20 000 cendriers supplémentaires sur les poubelles. Certes, les cigarettes sont nocives pour la santé mais elles le sont aussi pour l’environnement. Chaque année, 72 milliards de mégots sont disséminés dans la nature. Or, ce sont des déchets non biodégradables qui polluent les villes, la flore et la faune, en particulier le milieu marin et impactent le réchauffement climatique. Différentes solutions pour réduire leur impact sur l’environnement ont déjà été proposées, sans grands résultats.

Stop aux mégots de cigarettes

Les filtres des cigarettes ont été ajoutés à celles-ci dans les années 1950 pour, soi-disant, réduire le taux de goudron et de nicotine dans les cigarettes. On estime que 845 000 tonnes de mégots terminent en détritus chaque année. Aux Etats-Unis, les mégots représentent entre 28% et 33% du total des déchets ramassés. Contrairement à ce que pensent de nombreux fumeurs qui trouvent complétement normal de jeter leurs mégots n’importe où, ces derniers ne sont pas biodégradables. En effet, les mégots sont photodégradables, la matière première ne disparaît pas complétement mais se dilue au contact de l’eau ou du sol.

Ces filtres terminent souvent leur vie dans les océans, du fait du parcours des égouts, polluant les eaux. En effet, ces mégots ont absorbé une partie des 4000 substances nocives présentes dans la cigarette, dont la nicotine, l’éthylphénol, des résidus de pesticides, des métaux lourds, des gaz toxiques tels que l’ammoniaque et l’acide cyanhydrique… Autant de substances qui se retrouvent dans l’eau et menacent la faune et la flore. Une étude récente a montré qu’un seul mégot contenait suffisamment de poison pour tuer la moitié des petits poissons mis dans un litre d’eau en seulement 96 heures. De plus, les animaux marins peuvent ingérer les mégots, ce qui peut entrainer la mort ou en tout cas provoquer un faux sentiment de satiété et donc une sous-nutrition.

La culture du tabac est pratiquée dans plus de 125 pays. Environ trois quart de la production provient de pays en développement. En plus des pesticides, le traitement du tabac implique des dangers pour les travailleurs sous-payés.

Les chercheurs commencent à étudier de près la question, le programme de Recherche pour la lutte mondiale contre le tabac (RMCT) s’intéresse aux conditions de travail et aux effets de la culture du tabac sur la santé des ouvriers qui travaillent sur les grandes exploitations agricoles.

A priori, sensibiliser les fumeurs à cette pollution reste le meilleur moyen. De nombreuses initiatives, parfois insolites, ont d’ailleurs déjà été mises en place, à l’instar de la démarche de Flore Garcia Bour et de son «Mégot Défi ».